Et si vous deviez faire attention à un point important pour cette automne !

Chiffres

La mortalité par intoxication au CO (source INSERM-CépiDc) :
Le nombre annuel de décès par intoxication au monoxyde de carbone (hors incendies et suicides) est passé de près de 300 cas à la fin des années 1970 à une centaine de cas entre 2000 et 2004, correspondant à une diminution des taux de mortalité annuels de plus de 75% en 20 ans. En 2009, dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles, on dénombrait 92 décès par intoxication au CO (hors incendies et suicides).

Les intoxications au CO survenues en France métropolitaine en 2011 (source système de surveillance InVS) :

En 2011, 915 intoxications accidentelles domestiques à des émanations de CO ont été recensées, impliquant 2 706 personnes dont 1 901 ont été transportées vers un service d’urgence hospitalière.

Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique, incolore, inodore, sans saveur et non irritant. Il n’est donc pas perceptible par l’homme.
D’une densité voisine de celle de l’air, le CO se diffuse rapidement dans l’atmosphère pour former avec l’air un mélange très toxique pour l’homme.
Le CO provient de la combustion incomplète de matières carbonées (gaz naturel, bois, charbon, butane, essence, fioul, pétrole, propane) causée par :

  • une quantité insuffisante d’oxygène dans l’air (pièce calfeutrée, aération insuffisante, entrée d’air bouchée…) ;
  • la présence d’impuretés dans les matières carbonées ;
  • une évacuation insuffisante des gaz de combustion (conduit mal raccordé, cheminée obstruée…) ;
  • une utilisation prolongée ou inadaptée d’appareil ;
  • un dysfonctionnement de l’appareil.

Dans les logements, les principales sources sont les systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude (chaudières), les appareils de cuisson (cuisinière, barbecue), le tabagisme. Ce peut être également un moteur de véhicule dans un garage sans aération, des groupes électrogènes placés dans le garage ou la cave.

Dans les établissements recevant du public (salle de spectacle, restaurant patinoire, salle municipale ou lieu de culte par exemple), les sources de CO sont principalement celles observées en milieu domestique. Il existe cependant des sources spécifiques comme les appareils de chauffage à combustion (chauffage par radiant lumineux gaz, surfaceuse dans les patinoires).

En milieu professionnel, les principales sources sont les outils à moteur thermique, les engins à gaz comme les chariots élévateurs, les fours mais aussi les systèmes de production de chauffage ou d’eau chaude, les systèmes de chauffage, les groupes électrogènes.

Les effets sur la santé

Le CO est un gaz facilement absorbé au niveau pulmonaire. Une fois inhalé, il gagne la circulation sanguine où il entre en compétition avec l’oxygène. L’affinité du CO pour l’hémoglobine étant 230 fois supérieure à celle de l’oxygène, le CO va s’y fixer pour former une molécule stable, la carboxyhémoglobine (HbCO). Ce phénomène entraîne une diminution de la capacité sanguine à transporter l’oxygène, une plus grande difficulté à relarguer l’oxygène au niveau tissulaire et une asphyxie parfois mortelle.

Intoxication chronique / intoxication aiguë

La gravité de l’intoxication dépend de la quantité de CO fixée par l’hémoglobine. Elle est donc liée à plusieurs facteurs : la concentration de CO dans l’air, la durée d’exposition et le volume d’air inhalé. L’intoxication chronique est induite par de faible concentration de CO sur des périodes de temps répétées alors que l’intoxication aiguë suite à une exposition à de fortes concentrations peut être foudroyante (quelques minutes) ou progressive (quelques heures).

Diagnostic

Les signes cliniques pouvant évoquer une intoxication au CO sont très divers et peuvent évoluer avec le temps. Si certaines formes sont graves, d’autres présentent peu de symptômes. Dans le cas de ces formes peu symptomatiques, si le contexte ne permet pas de soupçonner une intoxication au CO, le diagnostic peut devenir difficile et de ce fait de nombreuses intoxications au CO restent méconnues. Les premiers symptômes et les plus fréquents sont : céphalées, asthénies, nausées, vomissements. Ces signes peuvent parfois orienter le diagnostic à tort vers d’autres pathologies (intoxication alimentaire récente ou récidivante sans diarrhée, syndrome grippal sans fièvre). Dans les formes les plus graves, les symptômes sont : une perte de connaissance, des troubles neurologiques ou cardio-vasculaires pouvant entraîner un état de coma, puis la mort.

Si l’intoxication est souvent collective, les symptômes sont variables d’une personne à l’autre. Certains sujets sont particulièrement sensibles : les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes ayant des pathologies préexistantes (anémies ou hémoglobinopathies, pathologies cardio-vasculaires et pulmonaires obstructives). L’imprégnation se mesure par le taux de CO sous forme liée à l’hémoglobine dans le sang. Il peut être déterminé par la mesure de la carboxyhémoglobine (HbCO) par dosage sanguin. Le résultat est alors exprimé en pourcentage de HbCO par rapport à l’hémoglobine totale. Le plus souvent, les pourcentages de HbCO retrouvés chez des sujets non exposés sont inférieurs à 1 %. Ils sont inférieurs à 3 % chez les sujets non-fumeurs en milieu urbain et inférieurs à 10 % chez les fumeurs.

Elle peut être estimée à partir d’analyseur électronique de dosage de CO dans l’air expiré ou plus récemment avec le dosage sanguin par CO-oxymétrie de pouls à l’aide d’un capteur placé sur l’index ou le majeur de la personne intoxiquée.

Prise en charge

Le premier geste dans la prise en charge d’une personne intoxiquée au CO est son évacuation de l’atmosphère toxique (en veillant à ce que les sauveteurs soient eux-mêmes très peu exposés au CO).

Seul un traitement précoce par oxygène peut diminuer les conséquences de l’intoxication.
En cas de trouble de conscience, perte de connaissance, anomalie clinique objective ou si la personne est vulnérable (femme enceinte par exemple), il est nécessaire d’administrer, par inhalation, de l’oxygène à haute pression ou oxygène hyperbare (OHB). Les patients sont donc hospitalisés et placés dans un caisson hyperbare. Dans les cas moins graves, on administre de l’oxygène à pression atmosphérique ou oxygène normobare (ONB).

Parallèlement, tout doit être mis en œuvre dans les meilleurs délais pour déterminer la cause de l’accident, neutraliser la source de pollution et la traiter. En effet, Il est fondamental de prévenir les intoxications dans l’entourage de la victime et d’éviter une récidive d’intoxication au CO après retour au domicile.

Impact sanitaire

En France, le CO est à l’origine d’environ 4 000 intoxications par an qui nécessitent une prise en charge médicale immédiate dont une oxygénothérapie, et d’une centaine de décès par an. Des troubles neurologiques peuvent apparaître immédiatement après l’intoxication ou après un intervalle variant de quelques jours à plusieurs mois (syndrome post-intervallaire). Ces accidents peuvent laisser des séquelles irréversibles de type neurologiques (syndrome parkinsonien, surdité de perception, polynévrites, troubles du comportement) et cardiaques (troubles de la repolarisation, infarctus du myocarde). L’intoxication est particulièrement grave chez la femme enceinte, spécialement pour le fœtus qui peut être intoxiqué ; l’hémoglobine fœtale ayant encore plus d’affinité pour le CO que l’hémoglobine maternelle.

Prévention

Afin de limiter les risques d’intoxication au CO, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) préconise :

  • avant chaque hiver, de faire systématiquement vérifier et entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude et les conduits de fumée par un professionnel qualifié ;
  • tous les jours, d’aérer au moins 10 minutes, de maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement et de ne jamais obstruer les entrées et sorties d’air ;
  • systématiquement de respecter les consignes d’utilisation des appareils à combustion prescrites par le fabricant : ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu ; placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments ; ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, barbecue, etc.